Chrétienne, moi aussi j'ai testé le ramadan

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Le ramadan a commencé le jeudi 18 juin et mes collègues musulmans jeûnent déjà depuis 11 jours. Les conversations autour du jeûne, des horaires et des iftars ponctuent leur quotidien, si bien que l'envie me vient de prendre part à toute cette effervescence. C'est ainsi que j'ai décidé de jeûner le temps d'une journée. 

Je commence par prendre note des précieux conseils qu'on me donne : «réveille-toi avant le lever du soleil pour manger et privilégie les sucres lents», «bouge un minimum pendant la journée» ou encore «bois beaucoup pendant la nuit». Une préparation psychologique s'impose. Cela m'est déjà arrivé de ne pas manger toute une journée, mais jamais de ne pas boire du tout. Pour ce lundi 29 juin, Météo France annonce 28 degrés en Ile-de-France. Alors, pour être sûre de tenir, je m'arme d'un brumisateur pour m'hydrater le visage de temps à autre. Mais j'ai de la chance car la chaîne met en garde contre une canicule à partir du lendemain. 

Pas de sensation de faim ni de soif jusqu'à 16 heures

Un 'shour' traditionnel

Je commence cette expérience par une collation à 4 heures du matin, avant que le soleil ne se lève. Pommes de terre, cracottes et dattes se retrouvent sur mon menu. Ainsi que deux grands verres d'eau. Quand je me réveille quelques heures plus tard, j'ai déjà des crampes à l'estomac. Sans doute pour m'être recouchée immédiatement après avoir mangé. La matinée passe très vite, d'autant plus que je suis entourée de personnes qui observent le ramadan. Plus facile pour se motiver ! Je passe le cap des 13h... 14h... 15h... sans ressentir la moindre sensation de faim ou de soif. A 16h, l'estomac commence à gronder. Normalement, c'est l'heure du goûter. Mais j'oublie vite, prise par le travail. Je suis très étonnée de constater à quel point jeûner me tient éveillée et concentrée alors qu'un coup de barre ne manque jamais de m'assaillir en début d'après-midi. Je réussis à travailler et à ne pas faire de pause pendant 6 heures d'affilée ! 

L'iftar, le moment de la convivialité


L'iftar se déroulera dans les locaux du journal à 22h avec deux collègues. Pas question de rentrer chez moi et de rompre mon jeûne solitairement quand je peux vivre l'esprit du ramadan jusqu'au bout. Nous sortons faire des courses et la chaleur, que je n'avais jusque-là pas réellement ressentie, s'est soudain abattue sur moi et une sensation de soif a commencé à m'assécher la gorge. Plus que 3 heures ! L'esprit du jeûne, c'est aussi la convivialité et c'est un moment fort que de cuisiner ensemble un repas que l'on aura tant de plaisir à manger. Sans compter que cela fait passer le temps avant la rupture du jeûne ! Salade composée, böreks au fromage, pizza, haricots blancs et viande, riz, gaspacho ornent notre table. 22h : l'heure est venue de rompre le jeûne. Comme le veut la tradition, nous prenons une datte suivie d'un verre d'eau. Nous dégustons ensuite tous nos plats préparés en faisant des pauses régulièrement bien entendu, pour ne pas traumatiser notre estomac. Mais malgré cela, de vives crampes se sont fait ressentir tout au long du repas. 

Une expérience à vivre en étant entouré de jeûneurs

S'abstenir de manger et de boire n'est pas si difficile en soi contrairement à ce que beaucoup pensent. A condition de s'hydrater régulièrement le visage et bien dormir la nuit précédente. Le corps est incroyable car il continue de fonctionner normalement et puise dans nos ressources, si bien qu'on ne se sent même pas fatigué. Je suis cependant bien consciente de n'avoir jeûné qu'une journée et non un mois comme mes camarades musulmans qui sont obligés d'adopter un tout autre rythme de sommeil et d'alimentation.

A ceux qui n'ont jamais essayé, tentez de jeûner une journée mais si possible, entourez-vous de personnes qui jeûnent. Cela passera plus vite et vous pourrez partager vos sensations !
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