Sénégal : 42% du financement du Ter assurés par la Banque islamique de développement

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Le Sénégal et la Banque islamique de développement (Bid) ont procédé, mercredi, à la revue annuelle de leur coopération. Cet exercice a permis de constater que le Sénégal reste le premier pays partenaire de cette banque en Afrique subsaharienne au regard du cumul d’approbations de plus de 2,4 milliards de dollars, soit 1.048 milliards de FCfa, depuis 1976. La contribution de la Bid représente 42 % du financement du Train express régional (Ter).    

Le Sénégal et la Banque islamique de développement (Bid) ont passé, hier, en revue leur coopération. Il ressort de cet exercice de bilan que les clignotants sont au vert. Et cette coopération n’a peut-être été aussi dynamique depuis la tenue du Groupe consultatif de Paris de février 2014. Lors de cette rencontre, la Bid s’était engagée à accompagner le gouvernement du Sénégal dans la mise en œuvre du Pse à hauteur de 1,1 milliard de dollars, soit environ 605 milliards de FCfa sur la période 2014-2018. Aujourd’hui, le Groupe de la Bid est à un taux de mobilisation de plus de 100 % de son engagement pour plus de 1,14 milliard de dollars, soit environ 627 milliards de FCfa, avec les nouvelles approbations intervenues le 31 juillet dernier. Ces approbations concernent le financement de la deuxième phase du Programme d’alphabétisation et d’apprentissage de métiers pour la lutte contre la pauvreté (Palam) pour 20,5 millions de dollars, soit 12 milliards de FCfa, et du projet structurant du Train express régional (Ter) pour 333 millions de dollars, soit 197 milliards de FCfa, représentant 42 % du coût total du projet. « Le montant du financement de la Bid pour le Ter est de loin le plus élevé jamais approuvé par la Bid en faveur d’un pays membre de l’Afrique subsaharienne », a indiqué, hier, à Dakar, le directeur régional de la Bid, Musa Sillah.

Un portefeuille diversifié
Ces deux nouveaux projets viennent compléter le portefeuille actif de la Bid déjà très diversifié dont le montant s’élève à plus de 1,5 milliard de dollar, soit 856 milliards de FCfa. « Le portefeuille de la Bid en cours d’exécution au Sénégal, composé de plus d’une trentaine de projets, est le reflet du dynamisme de la coopération entre la banque et le Sénégal qui s’exprime à travers une compréhension mutuelle, un dialogue constructif, la flexibilité dans l’alignement aux priorités du Sénégal et un pragmatisme développementiste à travers des financements structurants », a estimé M. Sillah.

Depuis l’établissement de leur coopération, en 1976, les financements approuvés par le Groupe de la Bid, entité mère et filiales confondues, pour le compte du Sénégal se chiffrent à 1.408 milliards de FCfa. Ce qui positionne le pays comme le premier partenaire de ce Groupe en Afrique subsaharienne. Une bonne partie de ces financements a permis la réalisation d’importants projets, en particulier dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de l’hydraulique, de l’assainissement, de l’éducation et de la santé, d’après le ministre de l’Economie et des Finances. « Ce bilan global très reluisant a fini de montrer l’excellence de nos relations de coopération économique et financière qui nous donne entièrement satisfaction par sa prévisibilité, son volume important et son alignement sur nos priorités nationales », a-t-il affirmé. Le ministre a rappelé que le portefeuille actif de la Bid au Sénégal comprend des projets majeurs relatifs au renforcement de la compétitivité et de la productivité, au renforcement de la résilience et l’inclusion sociale, au renforcement de la chaîne de valeur agricole, à la promotion de la finance islamique par le développement de l’industrie de la finance islamique, etc.

Elhadji Ibrahima THIAM

L’amélioration du taux de décaissement souhaitée 
Si l’exécution du portefeuille de la Bid connaît des améliorations notables grâce à un suivi rapproché et régulier, il n’en demeure pas moins que le ministre de l’Economie et des Finances a reconnu que « quelques problèmes subsistent ». Les lourdeurs des procédures de passation des marchés, aussi bien du côté de la Bid que du Sénégal, et le retard dans le premier décaissement ainsi que la libération des emprises, notamment pour les projets d’infrastructures routières, en sont les plus saillants. Amadou Bâ a dit espérer que les échanges produiront des recommandations pertinentes, en vue de lever ces contraintes et d’améliorer les performances dans l’exécution des projets. Ce constat du ministre fait écho à celui du directeur régional de la Bid qui s’est inquiété du faible taux de décaissement du portefeuille qui se situe à 19 %. « Après trois années d’exécution en moyenne, ce taux nous interpelle.

En d’autres termes, il nous faudra œuvrer à accélérer la mise en œuvre des projets en cours pour la réalisation d’infrastructures d’énergie, de transport, d’assainissement et de santé, en vue de contribuer à combler, ne serait-ce que partiellement, les attentes multiples et multiformes des populations sénégalaises », a soutenu le directeur général de la Bid. Musa Sillah a souhaité que des recommandations claires et précises sortent de cette revue, pour une amélioration de l’exécution physique des projets et du rythme de décaissement des montants approuvés. « Les montants importants n’ont de sens pour les populations que s’ils traduisent des réalisations concrètes sur le terrain. Il nous échoit la responsabilité mais aussi l’honneur de transformer ces ressources en amélioration de bien-être des populations. C’est pour assumer cette responsabilité et mériter cet honneur que je voudrais nous inviter à redoubler d’ardeur pour renforcer l’exécution des projets », a-t-il ajouté.

D’autres accords annoncés
Le portefeuille actif entre le Sénégal et la Bid présente des perspectives prometteuses, notamment avec la signature prochaine des accords relatifs au projet de Ter et au Palam 2, mais également avec les approbations imminentes du Projet de microfinance et du Programme des Domaines agricoles communautaires (Prodac) qui seront financés par la Bid respectivement à hauteur de 11,4 et 39,9 milliards de FCfa. Amadou Bâ s’est félicité de la célérité avec laquelle la contribution de la Bid au financement du Ter a été ficelée. « Ce projet a été ficelé en peu de temps, car c’est à cette même époque de l’année 2015 que l’accord avait été signé. Je n’ai jamais vu un projet d’une telle envergure ficelé en si peu de temps », a-t-il affirmé.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

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