Un abattoir temporaire à Belfort pour la fête de l’Aïd

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Pour la première fois, un abattoir temporaire devrait être mis en place à Belfort, derrière la Maison du peuple, quelques jours avant la fête de l’Aïd-el-Kébir prévue mi-octobre.

L’an dernier, un projet similaire n’avait pu aboutir. Cette fois, c’est lancé : si tout se passe comme prévu, les familles musulmanes du Territoire de Belfort qui le veulent auront accès à un abattoir réglementaire dans la cité du Lion le mois prochain au moment de la fête de l’Aïd-el-Kébir. Elles pourront ainsi sacrifier un mouton dans le respect du rituel et dans de bonnes conditions.

Six associations du Territoire se sont réunies pour que ce projet, longtemps évoqué, devienne réalité. En août dernier les structures qui gèrent les quatre mosquées de Belfort (celle de la Lunette 18, celle des Résidences, celle de la rue Lebleu et celle de la rue de Thann) ainsi que celles de Delle et de Grandvillars se sont réunies pour créer l’Association pour la gestion d’un abattoir temporaire.

Le dossier, depuis, a bien avancé : une commande groupée, réalisée avec d’autres villes du Grand Est (Mulhouse, Colmar, Strasbourg) a d’ores et déjà été passée. Quant à l’abattoir lui-même, il devrait être monté début octobre, derrière la Maison du peuple, sur une partie du parking Robespierre, côté pont.

Il s’agit d’un grand chapiteau constitué de trois zones, explique Demba N’Diaye, le responsable de la mosquée des Résidences, également président de la nouvelle association de gestion de l’abattoir : une zone de 500 m² où seront parquées les bêtes, une zone de 250 m² pour la saignée et le dépeçage et une dernière zone où les familles viendront chercher leur mouton dans un sac alimentaire.

300 moutons par jour

Ce type d’abattoir temporaire, parfaitement aux normes, n’est pas nouveau : l’association turque Millï Görüs – qui d’ailleurs s’est chargée de la commande des animaux – a déjà géré des sites d’abattage temporaires à Colmar et Mulhouse.

Les familles, précisent les responsables des associations concernées, doivent s’inscrire à l’avance – dans l’une des mosquées parties prenantes du projet – et préciser la quantité de viande voulue. Seuls les inscrits, en effet, pourront venir choisir leur animal quatre jours avant l’Aïd. Précisions importantes : chaque acheteur devra venir retirer son bien à l’heure dite, aucun mouton « extérieur » ne sera accepté à l’abattoir et les paiements devront être faits au plus tard le jour du choix de l’animal.

Les tarifs ont d’ores et déjà été arrêtés (un forfait de 30 € pour le service et un prix fixé à 3,90 € le kilo). Près de 400 inscriptions ont déjà été enregistrées.

L’installation, précise Demba N’Diaye, est prévue pour un abattage de 300 moutons par jour pendant trois jours. Soit un maximum de 900 moutons, pas plus.

Pour le Territoire, « c’est une grande première » , souligne le président de l’association. Cela fait en effet des années que les musulmans du département n’ont pas de solution évidente à proximité de leur lieu d’habitation.

L’abattoir de la cité du Lion a fermé ses portes il y a vingt ans, puis celui de Voujeaucourt, dans le pays de Montbéliard a également cessé de fonctionner dans les années 2000.

Longtemps les associations ont espéré qu’un abattoir fixe, capable d’absorber la demande, entrerait de nouveau en fonction dans l’Aire urbaine. Aucun projet n’a pu aboutir. L’an passé il a même été question de l’achat d’un abattoir mobile sans que le dossier puisse être validé. Une solution, même temporaire, existe désormais.

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